Comptabilité LMNP : régimes, obligations et amortissements
Régime fiscal, obligations déclaratives, amortissements composant par composant et charges déductibles : tout ce qu'il faut savoir pour piloter sa comptabilité LMNP sereinement.
Ce qu'il faut retenir
- Au régime réel, charges réelles et amortissements sont déductibles — une option qui l'emporte généralement dès 5 000 € de loyers annuels
- Le bilan LMNP au régime réel nécessite un plan d'amortissement ventilé composant par composant sur des durées allant de 5 à 40 ans
- Parmi les charges déductibles : intérêts d'emprunt, assurances, travaux d'entretien, honoraires de gestion et taxe foncière
- Un expert-comptable spécialisé LMNP représente entre 300 € et 800 € par an, intégralement déductible au régime réel
La comptabilité LMNP recouvre l'ensemble des obligations fiscales et déclaratives du loueur meublé non professionnel, depuis le choix du régime jusqu'au dépôt de la liasse annuelle. D'après la DGFIP, plus de 400 000 loueurs se déclarent sous ce statut chaque année en France, un nombre qui ne cesse de progresser.
Le régime retenu — micro-BIC ou réel — conditionne tout le reste : les postes déductibles, les documents à produire et le niveau réel d'imposition. La plupart des loueurs méconnaissent l'amplitude de l'écart entre ces deux options. Conséquence directe : ils surpaient leur impôt, parfois pendant plusieurs années, sans s'en apercevoir. Sur un seul bien, cet écart peut allègrement dépasser 1 000 € annuels.
Ce guide parcourt chaque étape de la démarche : immatriculation SIRET, sélection du régime adapté, calcul des amortissements par composant, inventaire des charges déductibles et arbitrage entre gestion autonome et recours à un expert-comptable. Tout ce qu'un loueur meublé non professionnel doit maîtriser pour aborder 2026 sereinement.
Les 4 étapes pour mettre en place votre comptabilité LMNP
Choisir votre régime fiscal
Comparez micro-BIC (abattement 50 %) et régime réel (déduction des charges réelles + amortissements). Simulez les deux scénarios avec vos chiffres de l'année précédente. Si vos charges dépassent 50 % de vos loyers (seuil de l'abattement micro-BIC, article 50-0 du CGI), le réel est quasi systématiquement gagnant.
Immatriculer votre activité
Déclarez votre activité de loueur meublé sur le site de l'INPI (guichet unique des formalités) pour obtenir un numéro SIRET. Cette démarche est obligatoire quel que soit le régime choisi, même pour un seul bien. Comptez 2 à 3 semaines pour recevoir votre numéro.
Installer votre suivi comptable
Au micro-BIC, un tableur chronologique avec date, locataire et montant remplit l'obligation légale. Au régime réel, la complexité monte : journal, grand livre, plan d'amortissement, FEC normé. Un logiciel spécialisé LMNP (Indy, Pennylane, JD2M) automatise ces tâches pour 100 à 300 € par an.
Produire la liasse fiscale annuelle
Au régime réel, vous déposez la liasse 2031 (BIC) et ses annexes (2033-A à 2033-G) avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai. Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) doit être archivé pendant 6 ans en cas de contrôle. Manquer ce délai expose à une majoration de 10 % du montant dû (article 1728 du CGI).
Choisir votre régime fiscal
Comparez micro-BIC (abattement 50 %) et régime réel (déduction des charges réelles + amortissements). Simulez les deux scénarios avec vos chiffres de l'année précédente. Si vos charges dépassent 50 % de vos loyers (seuil de l'abattement micro-BIC, article 50-0 du CGI), le réel est quasi systématiquement gagnant.
Immatriculer votre activité
Déclarez votre activité de loueur meublé sur le site de l'INPI (guichet unique des formalités) pour obtenir un numéro SIRET. Cette démarche est obligatoire quel que soit le régime choisi, même pour un seul bien. Comptez 2 à 3 semaines pour recevoir votre numéro.
Installer votre suivi comptable
Au micro-BIC, un tableur chronologique avec date, locataire et montant remplit l'obligation légale. Au régime réel, la complexité monte : journal, grand livre, plan d'amortissement, FEC normé. Un logiciel spécialisé LMNP (Indy, Pennylane, JD2M) automatise ces tâches pour 100 à 300 € par an.
Produire la liasse fiscale annuelle
Au régime réel, vous déposez la liasse 2031 (BIC) et ses annexes (2033-A à 2033-G) avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai. Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) doit être archivé pendant 6 ans en cas de contrôle. Manquer ce délai expose à une majoration de 10 % du montant dû (article 1728 du CGI).
Un exemple chiffré pour y voir clair. Un propriétaire lyonnais loue un studio meublé 650 € par mois, soit 7 800 € de revenus locatifs annuels. Sous le micro-BIC, l'abattement forfaitaire de 50 % prévu par l'article 50-0 du CGI ramène la base imposable à 3 900 €. Sous le régime réel, avec 2 400 € de charges effectives (intérêts d'emprunt, assurance PNO, taxe foncière) et 3 500 € d'amortissements comptabilisés, la base imposable descend à 1 900 €. Dans une tranche marginale à 30 %, l'économie d'impôt atteint environ 600 € par an.
Ce calcul repose sur l'existence d'un crédit immobilier en cours — situation courante chez la majorité des investisseurs LMNP. En l'absence d'emprunt, les charges diminuent et l'écart entre les deux régimes se resserre. Mais dès qu'un prêt est actif, le régime réel l'emporte dans la grande majorité des configurations.
Prenez un tableur, inscrivez vos charges réelles de l'an dernier et simulez les deux options. Vingt minutes suffisent pour savoir quel régime vous convient et mesurer ce que vous gagneriez à changer.

Micro-BIC ou régime réel : comment trancher pour votre LMNP
Le régime fiscal structure l'ensemble de votre comptabilité LMNP. Un mauvais arbitrage, et vous surpayez votre impôt pendant des années sans vous en apercevoir. Voyons ce qui distingue concrètement ces deux options : le régime optimal dépend de votre situation patrimoniale spécifique, pas d'une règle universelle.
Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % sur l'ensemble de vos recettes brutes (article 50-0 du CGI). Avantage majeur : la simplicité. Au-delà de la déclaration 2042 C PRO, aucune démarche supplémentaire. Vous saisissez vos loyers, l'administration en calcule automatiquement la moitié imposable. Pas de bilan, pas de FEC, pas de liasse. L'inconvénient est symétrique : impossible de déduire vos charges réelles, même si elles représentent 70 ou 80 % de vos loyers.
Le régime réel, à l'inverse, ouvre droit à la déduction des charges effectives et des amortissements du bien immobilier et des meubles. Gestion plus rigoureuse, mais fiscalité souvent bien plus favorable. L'option s'exerce avant le 1er février de l'année d'imposition, par courrier recommandé adressé au Service des Impôts des Entreprises (SIE). Après cette échéance, vous restez sur le régime en cours pour la totalité de l'exercice.
Comparatif micro-BIC vs régime réel en LMNP (2026)
Plafond de recettes
- Micro-BIC
- 77 700 € (meublé classique)
- Régime réel
- Aucun
Abattement / déduction
- Micro-BIC
- 50 % forfaitaire
- Régime réel
- Charges réelles + amortissements
Comptabilité exigée
- Micro-BIC
- Registre des recettes
- Régime réel
- Bilan + compte de résultat + FEC
Liasse fiscale
- Micro-BIC
- Non
- Régime réel
- Oui (2031 + annexes 2033)
Déficit reportable
- Micro-BIC
- Non
- Régime réel
- Oui, sur 10 ans (revenus LMNP uniquement)
Adhésion OGA
- Micro-BIC
- Facultative
- Régime réel
- Recommandée (réduction d'impôt 2/3 des frais comptables)
| Critère | Micro-BIC | Régime réel |
|---|---|---|
| Plafond de recettes | 77 700 € (meublé classique) | Aucun |
| Abattement / déduction | 50 % forfaitaire | Charges réelles + amortissements |
| Comptabilité exigée | Registre des recettes | Bilan + compte de résultat + FEC |
| Liasse fiscale | Non | Oui (2031 + annexes 2033) |
| Déficit reportable | Non | Oui, sur 10 ans (revenus LMNP uniquement) |
| Adhésion OGA | Facultative | Recommandée (réduction d'impôt 2/3 des frais comptables) |
Le micro-BIC conserve sa pertinence dans une configuration bien précise : lorsque vos charges réelles additionnées aux amortissements n'atteignent pas 50 % de vos loyers. Ce profil correspond typiquement à un bien ancien sans crédit, peu de travaux à prévoir et une taxe foncière modeste. Dès l'instant où un emprunt est en cours, le régime réel l'emporte quasi systématiquement grâce à la déductibilité des intérêts.
Cette logique ne vaut toutefois qu'en deçà de 77 700 € de recettes pour un meublé classique. Au-delà, le régime réel s'applique obligatoirement. Pour les meublés de tourisme non classés, le plafond a été ramené à 15 000 € depuis la loi de finances 2024 (art. 45). Confondre le seuil du meublé classique avec celui du meublé de tourisme est une erreur récurrente — vérifiez votre classement avant toute déclaration.
La possibilité de reporter un déficit sur dix années constitue un autre atout distinctif du régime réel. Quand les charges dépassent les loyers hors amortissements, le déficit constaté s'impute sur les revenus LMNP futurs. Cet avantage est particulièrement significatif dans les premières années d'investissement, quand le poids des intérêts d'emprunt est à son maximum.
Changement de régime : deadline à ne pas rater
- Pour passer du micro-BIC au réel, envoyez un courrier recommandé à votre SIE avant le 1er février de l'année concernée
- L'option est valable 2 ans minimum et reconduite tacitement, impossible de revenir au micro avant l'expiration
- Le passage inverse (réel → micro) n'est possible qu'à l'expiration de cette période de 2 ans
Les obligations comptables et fiscales propres au LMNP
L'étendue de vos obligations dépend entièrement du régime retenu. Au micro-BIC, le strict minimum légal suffit : un registre chronologique des recettes comportant la date, l'identité du locataire et le montant encaissé. Pas de bilan, pas de liasse, pas de FEC. Le total des loyers est simplement reporté sur le formulaire 2042 C PRO et l'administration applique automatiquement l'abattement. Ce registre peut être tenu sur papier ou sous format numérique — un fichier Excel bien tenu convient.
Au régime réel, les exigences changent du tout au tout. L'article 99 du Code général des impôts impose une comptabilité d'engagement complète. Il faut produire un bilan actif/passif, un compte de résultat et un tableau d'amortissements détaillé, ventilé composant par composant. L'ensemble se concrétise dans la liasse fiscale 2031, à déposer avant début mai de chaque année. Le niveau de rigueur attendu est identique à celui d'une entreprise commerciale ordinaire — le statut de particulier n'exonère de rien, et les sanctions encourues sont les mêmes en cas de manquement.
- Grand livre : toutes les écritures classées par compte comptable
- Journal des recettes et dépenses : chaque opération datée et justifiée par un document
- Bilan : actif (immobilisations, créances) et passif (emprunts, capitaux) à la clôture de l'exercice
- Compte de résultat : produits (loyers) moins charges sur la période
- Tableau des amortissements : ventilation par composant, durée et taux annuel appliqué
- FEC (Fichier des Écritures Comptables) : format normé par la DGFIP, archivé 6 ans minimum
Un point à ne pas négliger : ces obligations s'imposent même lorsque votre résultat fiscal est ramené à zéro par les amortissements. Un résultat nul ne vous affranchit pas du dépôt de la liasse. En cas de contrôle, l'administration peut exiger le FEC, dont l'absence expose à une amende de 5 000 € par exercice (article 1729 D du CGI). Ce n'est pas un risque théorique : les contrôles LMNP se sont intensifiés ces dernières années, en particulier sur les locations saisonnières de type Airbnb.
Assurez-vous dès aujourd'hui que votre logiciel produit un FEC conforme aux spécifications DGFIP. Les solutions en ligne comme Indy, Pennylane ou MaCompta intègrent cette fonctionnalité nativement. Un tableur Excel fait maison, en revanche, ne respecte généralement pas le format normé exigé. Si vous gérez votre comptabilité seul au régime réel, corriger ce point est la première priorité.
Autre écueil classique : omettre de conserver les pièces justificatives, papier ou numériques. Chaque écriture doit être adossée à un document probant. Un simple relevé bancaire ne constitue pas une justification suffisante — conservez factures, avis d'imposition et quittances de loyer pendant six ans minimum.
Amortissements LMNP : le mécanisme pour réduire l'impôt sans sortir d'argent
L'amortissement est la clé de voûte du régime réel LMNP. Son principe : répartir la dépréciation d'un bien sur sa durée d'utilisation comptable. Chaque année, vous déduisez une fraction du prix d'achat sans engager la moindre dépense supplémentaire. Sur un appartement acquis 200 000 € hors terrain, les dotations aux amortissements représentent facilement 4 000 à 6 000 € de déduction annuelle durant les quinze à vingt premières années.
Un bien immobilier ne peut pas être amorti d'un seul bloc. Il doit être décomposé en composants distincts — gros œuvre, toiture, installations électriques, plomberie, agencements intérieurs, mobilier — chacun doté d'une durée de vie comptable et d'un taux spécifique. C'est précisément cette étape qui rend la comptabilité LMNP complexe et qui expose aux erreurs les plus coûteuses. Un plan d'amortissement erroné, détecté lors d'un contrôle, peut être rectifié sur plusieurs exercices et déboucher sur un redressement assorti de pénalités.
Pourquoi cette décomposition est-elle obligatoire ? Parce que chaque composant suit une courbe d'usure propre. Une chaudière atteint sa limite en 15 ans, le gros œuvre tient 40 ans. Amortir l'ensemble sur une même durée serait économiquement inexact et susceptible d'être rejeté par l'administration fiscale.
Ventilation type des amortissements LMNP par composant (source : BOFiP-Impôts, BIC-AMT-10)
Gros œuvre (structure)
- Part du bien
- 40-50 %
- Durée d'amortissement
- 40 ans
- Taux annuel
- 2,5 %
Toiture
- Part du bien
- 5-10 %
- Durée d'amortissement
- 25 ans
- Taux annuel
- 4 %
Installations électriques
- Part du bien
- 5-10 %
- Durée d'amortissement
- 25 ans
- Taux annuel
- 4 %
Plomberie / sanitaires
- Part du bien
- 5-10 %
- Durée d'amortissement
- 20 ans
- Taux annuel
- 5 %
Agencements intérieurs
- Part du bien
- 10-15 %
- Durée d'amortissement
- 15 ans
- Taux annuel
- 6,67 %
Meubles et équipements
- Part du bien
- 10-15 %
- Durée d'amortissement
- 5 à 10 ans
- Taux annuel
- 10-20 %
Frais d'acquisition (notaire)
- Part du bien
- ~8 %
- Durée d'amortissement
- Déduits ou amortis sur 5 ans
- Taux annuel
- 20 %
| Composant | Part du bien | Durée d'amortissement | Taux annuel |
|---|---|---|---|
| Gros œuvre (structure) | 40-50 % | 40 ans | 2,5 % |
| Toiture | 5-10 % | 25 ans | 4 % |
| Installations électriques | 5-10 % | 25 ans | 4 % |
| Plomberie / sanitaires | 5-10 % | 20 ans | 5 % |
| Agencements intérieurs | 10-15 % | 15 ans | 6,67 % |
| Meubles et équipements | 10-15 % | 5 à 10 ans | 10-20 % |
| Frais d'acquisition (notaire) | ~8 % | Déduits ou amortis sur 5 ans | 20 % |
Précision fréquemment méconnue : les amortissements ne peuvent pas générer de déficit fiscal en LMNP. Si les dotations dépassent le résultat net (loyers moins charges courantes), l'excédent est mis en réserve et reporté sans limitation dans le temps. Il viendra s'imputer sur les résultats positifs futurs. Ce mécanisme de report indéfini est l'un des atouts les plus précieux du régime réel : aucun avantage fiscal ne se perd.
Le terrain, quant à lui, ne s'amortit jamais. Sa quote-part varie selon la localisation du bien : 10 à 20 % en zone rurale, 20 à 40 % dans le centre d'une grande agglomération (BOFiP, BIC-AMT-10-40-10). Pour fixer cette répartition, le BOFiP invite à s'appuyer sur les valeurs issues de la base PATRIM ou sur une évaluation établie par un notaire.
Évitez de surévaluer la part de la construction par rapport au terrain : c'est un point de contrôle récurrent de l'administration fiscale. En cas d'incertitude, adoptez une approche conservatrice. Il vaut mieux amortir légèrement moins que d'exposer l'ensemble du plan d'amortissement à une remise en cause lors d'un contrôle.

Charges déductibles en LMNP : inventaire complet
Au régime réel, chaque euro de charge admise en déduction vient réduire d'autant votre base imposable. La condition sine qua non : la dépense doit être engagée dans l'intérêt direct de l'activité de location meublée et documentée par une pièce justificative — facture, tableau d'amortissement bancaire ou avis d'imposition. Sans document probant, pas de déduction. L'administration se montre intransigeante sur ce point lors des contrôles, y compris pour des montants modestes.
Les charges se classent en deux grandes familles. Les charges récurrentes — assurances, intérêts d'emprunt, taxe foncière — reviennent chaque année de façon prévisible et se planifient aisément. Les charges ponctuelles — travaux, remplacement de mobilier, frais de notaire — surgissent au gré des événements et peuvent peser significativement sur certains exercices.
La distinction entre travaux d'entretien (déductibles immédiatement en charges de l'exercice) et travaux d'amélioration (à amortir sur 10 à 15 ans) est fondamentale. Exemple concret : repeindre un appartement relève de l'entretien ; installer une cuisine équipée constitue une amélioration. Cette frontière est régulièrement source de litiges avec l'administration — documentez chaque intervention avec le maximum de précision.
- Intérêts d'emprunt : capital exclu, seuls les intérêts et frais de dossier bancaire comptent
- Assurances : PNO (propriétaire non occupant), garantie loyers impayés, assurance emprunteur
- Taxe foncière : hors part ordures ménagères si récupérée auprès du locataire
- Travaux d'entretien et réparation : remplacement chaudière, peinture, plomberie (pas les travaux d'agrandissement)
- Frais de gestion : honoraires comptable, cotisation OGA, frais de plateforme (Airbnb, Booking)
- Charges de copropriété : part propriétaire uniquement
- Frais de déplacement : visites du bien, rendez-vous notaire ou banque (barème kilométrique)
- CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : due par tout loueur meublé immatriculé
Optimisation souvent oubliée
- Les frais de notaire (honoraires + droits de mutation) sont déductibles en charges ou amortissables sur 5 ans, la deuxième option lisse l'avantage fiscal sur plusieurs exercices
- Les meubles achetés pour le logement (lit, canapé, électroménager) s'amortissent sur 5 à 10 ans s'ils dépassent 600 € HT unitaire, sinon ils passent en charges directes
- La CFE est exonérée la première année d'activité, ne la payez pas avant d'avoir reçu l'avis officiel de votre SIE
Expert-comptable LMNP : indispensable ou superflu ?
Aucune disposition légale n'impose de recourir à un expert-comptable pour votre comptabilité LMNP. La gestion autonome, y compris au régime réel, est juridiquement possible. En pratique, c'est une autre affaire.
Le calcul des amortissements par composant, la production d'un FEC conforme aux normes DGFIP et le dépôt de la liasse fiscale exigent une technicité qui dépasse largement ce qu'un tableur bien construit peut offrir. Une erreur d'amortissement identifiée lors d'un contrôle peut donner lieu à un redressement avec majoration de 40 % pour manquement délibéré (CGI, article 1729). Ce risque est bien réel : la DGFIP intensifie ses contrôles sur les LMNP, en particulier ceux qui déclarent plusieurs exercices consécutifs à résultat nul ou déficitaire.
Dans quels cas peut-on raisonnablement se passer d'un comptable ? Un seul bien au micro-BIC, sans emprunt actif et avec des revenus locatifs inférieurs à 15 000 € — dans cette configuration, un registre chronologique tenu sous tableur suffit et l'investissement dans un professionnel n'est pas justifié. Dès le basculement au régime réel ou l'acquisition d'un deuxième bien, la question ne se pose plus vraiment.
Comparatif des modes de gestion comptable LMNP
Seul (tableur)
- Coût annuel
- 0 €
- Temps estimé
- 15-25 h/an
- Risque d'erreur
- Élevé (FEC, amortissements)
Logiciel spécialisé LMNP
- Coût annuel
- 100-300 €/an
- Temps estimé
- 5-10 h/an
- Risque d'erreur
- Moyen (paramétrage initial)
Expert-comptable
- Coût annuel
- 300-800 €/an
- Temps estimé
- 2-3 h/an
- Risque d'erreur
- Faible
| Mode de gestion | Coût annuel | Temps estimé | Risque d'erreur |
|---|---|---|---|
| Seul (tableur) | 0 € | 15-25 h/an | Élevé (FEC, amortissements) |
| Logiciel spécialisé LMNP | 100-300 €/an | 5-10 h/an | Moyen (paramétrage initial) |
| Expert-comptable | 300-800 €/an | 2-3 h/an | Faible |
L'argument décisif en faveur de l'expert-comptable n'est pas le gain de temps — c'est l'accès à un OGA (Organisme de Gestion Agréé). L'association expert-comptable + OGA ouvre droit à une réduction d'impôt égale aux deux tiers des frais comptables et de cotisation, plafonnée à 915 € par an (article 199 quater B du CGI). Pour un comptable facturant 600 €/an et une cotisation OGA de 150 €, soit 750 € brut, le coût net après réduction tombe à environ 250 €. En pratique, renoncer à un comptable au régime réel coûte souvent plus cher que d'en prendre un.
Avant de trancher, comparez les logiciels de comptabilité disponibles sur le marché. La formule qui fait ses preuves chez de nombreux loueurs associe un logiciel qui tient les écritures au quotidien à un expert-comptable qui valide le bilan en fin d'année et dépose la liasse. Ce binôme coûte entre 400 et 700 € par an, un montant généralement inférieur aux économies fiscales qu'il génère.
Les revenus de la location meublée sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Le loueur en meublé non professionnel doit remplir une déclaration spéciale n° 2031 lorsqu'il relève d'un régime réel d'imposition.
Trouvez le bon outil pour votre comptabilité LMNP
Comparez les logiciels de comptabilité adaptés aux loueurs meublés : fonctionnalités, tarifs, génération de liasse fiscale et FEC automatique.
Sources
Derniere mise a jour : Avril 2026
- BOFiP-Impôts, Amortissements BIC (BIC-AMT-10)Référentiel officiel sur les durées et composants d'amortissement
- DGFIP, Déclaration des revenus de location meubléeObligations déclaratives LMNP
- Loi de finances 2024, art. 45, Seuils micro-BIC meublés de tourismeAbaissement du plafond à 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés
- Code général des impôts, art. 155, Définition du LMNPCritères de qualification du loueur meublé non professionnel
- CGI, art. 199 quater B, Réduction d'impôt frais de comptabilitéRéduction 2/3 des frais comptables avec OGA, plafonnée à 915 €
Pour aller plus loin, notre article sur le bilan comptable détaille la construction d'un bilan actif/passif pas à pas — une lecture particulièrement utile si vous débutez au régime réel et que la notion de bilan LMNP vous paraît encore abstraite. Si votre activité vous expose à la TVA (locations saisonnières avec prestations para-hôtelières), notre guide sur la déclaration de TVA traite les cas spécifiques aux meublés, seuils d'assujettissement inclus.
Notre article sur la liasse fiscale passe en revue chaque formulaire 2033 à compléter dans le cadre du régime réel. Et si vous recherchez un outil pour automatiser votre comptabilité générale, notre comparatif des solutions du marché vous guidera vers celle qui correspond à la taille de votre patrimoine locatif.
Ces quatre articles complètent celui-ci pour former le socle de connaissances comptables indispensable à tout loueur meublé non professionnel souhaitant aborder 2026 en toute sérénité.
Questions
fréquentes
Vous avez une question ? Nous avons sûrement la réponse.

Gérer sa comptabilité LMNP au quotidien
Trois formules existent pour assurer le suivi comptable d'un LMNP : le tableur personnel, le logiciel dédié ou la délégation à un expert-comptable. Chacune suppose un investissement différent en temps et en argent. Le bon arbitrage dépend principalement de votre régime fiscal et du nombre de biens que vous louez.
Au micro-BIC, un tableur listant simplement la date et le montant de chaque loyer encaissé satisfait à l'obligation légale minimale. Au régime réel, l'exigence monte sensiblement : journal des recettes et dépenses, grand livre, bilan et compte de résultat. Face à la complexité des amortissements par composant et aux contraintes du FEC, un logiciel comptable ou un expert-comptable devient rapidement indispensable pour éviter les erreurs coûteuses.
Quelle que soit la voie retenue, l'immatriculation de l'activité sur le guichet unique INPI constitue le préalable impératif — même pour un seul studio meublé. Sans numéro SIRET attribué, aucune déclaration fiscale au titre du LMNP n'est possible.